Radio
Extrait des chroniques radiophoniques de Décembre 2025
Émission du 3 Décembre
Des nouvelles de notre humoristorien périgourdin Marc Hanssiel avec ce texte intitulé « Des publicités qui agacent… »
« Déjà le côté matraquage, c’est-à-dire que, par exemple pour le flash météo, celui-ci est précédé ET suivi de 2, voire 3 pubs, dont certaines reviennent si souvent qu’on a envie de balancer un pavé dans le poste.
Mais on se retient parce que ça coûte cher, un poste.
Alors on a droit aux extensions genre vérandas, car-port (abri-garage en français), accessoiristes automobiles, etc. ET Fleury-Machin.
Et le Fleury-Machin, j’en ai une indigestion sans en avoir mangé. C’est l’avantage de ce genre de pub : on en a tellement marre d’entendre déblatérer sur l’excellence d’un aliment qui reste quand même à la base un fricot transformé industriellement, et non pas, comme l’annonce la pub, un plat qu’on pourrait dès lors imaginer mitonné, concocté, avec la bienveillance d’une grand-mère qui cuisine des petits plats pour ses petits-enfants. Ça, c’est dans un conte de fées.
En vrai, c’est un peu différent : c’est industriel, c’est-à-dire que la mémé est remplacée par de grosses machines qui malaxent, dosent, cuisent, édulcorent et salent, et la baguette magique finale balance la dose de chimie nécessaire à la conservation du salmigondis obtenu.
La pub fait le reste : mitonné, mijoté lentement (pléonasme idiot, mijoté signifiant cuit lentement !), doré à point, etc. Les publicitaires déballent tout le vocabulaire lié à la cuisine traditionnelle pour endormir le vulgum pecus.
Et la touche finale : « C’est trop bon, Fleury-machin ! » dit par le truchement de la voix d’une petite fille rassurante (ou d’une adulte qui l’imite) et qui nous prend pour des cons !
Alors, déjà, si c’est « trop bon », eh bien j’ai tout un tas de recettes pour que ce le soit moins, c’est pas compliqué, après ce sera juste bon, mais pas trop !
C’est comme la pub, trop, c’est trop !! »
Merci Marc et à la prochaine !
Émission du 10 Décembre
Le père va peut-être retourner en tôle suite au prochain jugement d’un nouveau scandale qui lui pend au nez, alors c’est au tour du fils, Louis Sarkosy le bien nommé, de faire parler de lui.
Et là, c’est grave !
Je le cite, écoutez bien : « Je plaide pour une immense simplification de nos routes : il faut supprimer les feux rouges, les lignes blanches, les panneaux de signalisation. Ce qui tue les automobilistes, c’est l’assistanat. » Fermez le banc !
Le fils Sarkosy serait-il un radical ?
Bon, il est vrai que les feux rouges ne sont pas toujours respectés, mais surtout par les cyclistes, les mobylettes et les trottinettes.
Tant con y est pourquoi ne pas supprimer aussi les feux verts, vu qu’aujourd’hui les piétons traversent n’importe quand. Il faut dire qu’ils se sentent immunisés car si un automobiliste les écrase, c’est lui qui trinque ! Quant aux lignes blanches, effectivement les chauffeurs pressés n’y prêtent guère attention, peut-être même que certains ne savent pas à quoi ça sert. Je peux en témoigner car ,je me fais doubler régulièrement, chaque vendredi, quand je me rends à la boutique de Thenon. En plus, ces fameux « doubleurs » oublient allègrement la limitation de vitesse.
Et comme il n’y a plus de gendarmes pour surveiller la circulation, ils s’en donnent à coeur joie. Pour les panneaux de signalisation, idem. Il y a belle lurette que le slogan « Stop ou encore » est devenu obsolète.
Compte tenu du nom de la commune où le petit Louis espère mener une liste pour les prochaines élections municipales, je dirais simplement : « Ne nous…Menton pas ! » Tout ça c’est de la démagogie pure et simple. Il aurait même pu aller plus loin en demandant la suppression des radars et de la gendarmerie nationale !
Allez, circulez (c’est le mot qui convient) car il n’y a vraiment plus rien à voir !
Vlà les actus…
*SCOOP : Le roi Macron 1er arrêté à Varennes ! Il tentait de fuir à l’étranger avec Brigitte et toute sa famille plus une partie de son gouvernement. Malheureusement pour lui, alors qu’il se trimballait « lecornu », des agriculteurs l’ont reconnu !
Mais qu’allons-nous devenir !
Émission du 17 Décembre
Je ne vais pas être très original puisque je vais évoquer la Dermatose Nodulaire Contagieuse, alias DNC, qui est également l’acronyme de Députés Non Concernés car on n’en pas vu un seul sur place au soutien des agriculteurs.
Ils disent qu’ils compatissent mais ils n’ont pas l’air tellement…abattus…
Idem pour le Parti Animaliste et toutes les associations soi-disant protectrices du monde animal. Mais où sont-ils ?
Quant aux sœurs nature Rousseau/Tondelier, à l’instar de l’ensemble des escrologistes, pas un mot. Normal elles sont anti vaches à cause du méthane qu’elles dégagent.
Et l’Etat français, aux ordres de Bruxelles, persiste à vouloir abattre tout le troupeau dès qu’une seule bête a chopé la DNC, au lieu simplement de le vacciner et de le mettre sous surveillance, d’autant plus que d’éminents scientifiques ont indiqué que 10% maximum du troupeau pourrait être infecté. Les gendarmes sont donc mobilisés pour cette cause nationale alors que, pendant ce temps, les narcotrafiquants se la coulent douce.
Mais que voulez-vous c’est l’Europe qui a décidé qu’il fallait réduire le cheptel de 20% . C’est la norme, d’autant plus que nos dirigeants vont prochainement signer les accords du fameux Mercosur qui va submerger nos marchés de viande brésilienne qui, elle, n’est pas… aux normes européennes. Paradoxe inoui, quand même, non ? C’est…énorme !
Et ce n’est pas fini ! Ce sera bientôt le tour des viticulteurs. Ben oui c’est logique : après les bovins, l’Europe va s’attaquer aux beaux vins afin de pouvoir acheter du pinard préfabriqué aux américains et courber l’échine devant Trump, en évitant ainsi quelques taxes incongrues.
Non mais franchement dans quel pays Vuitton ?
Au fait si un député chopait une maladie contagieuse, vu que l’Assemblée Nationale est un sacré lieu de confinement, est-ce que l’Europe demanderait à éliminer tout ce troupeau d’inutiles ?
Cela éviterait à Macron de dissoudre…et on recommencerait tout depuis le départ ! Alors, circulez, il n’y aura plus rien à voir !
Vlà les actus…
*Et si on rigolait quand même un petit peu.
Figurez-vous que le maire de Bézannes, petite commune située dans le département de la Marne, a récidivé cette année avec un nouvel arrêté spécial Noël. Celui-ci demande qu’au moins une guirlande lumineuse « clignotante de préférence, sinon c’est triste » doive décorer chaque habitation ou commerce. Il interdit également de parler politique à table entre le plat et le dessert ou impose qu’un élément kitsch assumé (renne gonflable, bonhomme de neige en chaussettes, ou lutin en pâte à modeler) décore les maisons. L’année dernière son arrêté autorisait le survol aérien de son territoire par le traîneau du Père Noël. Comme quoi on a quand même des élus qui ont de l’humour, l’honneur est sauf !
Émission du 24 Décembre
Alors aujourd’hui est une journée exceptionnelle puisque c’est ma 500ème chronique. Eh oui vous avez bien ouï. Cela fait plus de dix ans que j’officie sur les ondes de R.L.P et j’en profite pour remercier les différents bureaux qui se sont succédé depuis 2015 et l’éternelle Aïda de m’avoir permis de m’exprimer librement, sans être jamais censuré même si parfois j’ai poussé le bouchon un peu loin, comme disait Maurice…
Mais d’où vient donc cette envie de toujours vouloir faire rire les autres ? En fait je suis tombé dans la marmite de la rigolade tout petit. Je me suis nourri des pensées de mes maitres que sont Alphonse Allais, Pierre Dac, Francis Blanche, Frédéric Dard, Pierre Desproges, Coluche, Raymond Devos et les amoureux des mots comme Brassens, Lapointe ou Nougaro puisqu’il est bien connu que le juste emploi des bons mots rendent les cris vains.
Bien entendu je suis un grand adepte du jeu de mollets… et j’ai toujours été, dans ma vie professionnelle ou privée, à l’école ou dans mes activités associatives et même au conseil municipal, le comique de la bande, le poil à gratter, le fou du roi.
Puis j’ai découvert le contrepet et je me suis bien marré…
Mais parlons un peu de ceux qui m’ont inspiré :
Alphonse Allais, le premier grand humoriste français qui a dit, entre autres, que « les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux » et aussi que « les villes devraient être construites à la campagne, l'air y est tellement plus pur ».
Vous souvenez-vous du film « Ni vu ni connu » avec le braconneur Louis de Funès ? Et bien l’histoire était inspirée du roman « L’affaire Blaireau », publié par Alphonse Allais en 1899. Quand on pense que l’Etat a attendu la mort d’Alphonse, survenue le 28 Octobre 1905, pour promulguer, le 9 Décembre de la même année, sa loi sur la séparation des églises et de l’Etat. C’est dingue, non ?
Pierre Dac est certainement un de ceux qui m’ont le plus influencé. C’est d’ailleurs à cause de lui que je ne porte jamais de cravate puisqu’il a dit qu’« il s’agissait d’un accessoire vestimentaire qui ne sert qu’à indiquer la direction du cerveau de l’homme ». Je me suis aussi allègrement approprié une de ses maximes : « La véritable modestie consiste toujours à ne jamais se prendre pour moins ni plus que ce qu’on estime qu’on croit qu’on vaut, ni pour plus ni moins que ce qu’on évalue qu’on vaut qu’on croit. » Capice ?
N’oublions pas que Pierre Dac est l’inventeur du biglotron et du schmilblic et, avec son complice Francis Blanche, du fameux sketch comique « Le Sâr Rabindranath Duval » et créateurs ensemble du Parti d’En Rire qui s’était présenté aux élections présidentielles de 1965 et qui pourrait très bien réapparaître en 2027…Affaire à suivre.
Faisons aussi une petite place au phénoménal Raymond Devos qui savait si bien jouer avec les mots, tout comme Boby Lapointe qui avait d’ailleurs inventé » la fameuse expression « jeux de mots laids », lesquels ne sont pas pour les gens bêtes, évidemment.
En ce qui concerne Devos je vais simplement évoquer un de ses sketchs célèbres qui demeure très actuel quand on voit ce qui se passe à l’Assemblée Nationale depuis plusieurs mois. Raymond était aussi un bon musicien. Entre autres instruments il maniait le bandonéon et il démontrait que « quand ça siffle à gauche, ça souffle à droite, quand ça siffle à droite, ça souffle à gauche et au milieu, c’est du vent ! »
Je n’oublie pas bien sûr Pierre Desproges qui disait notamment que « l’intelligence c’est comme les parachutes, quand on en a pas, on s’écrase » et aussi « quand on est plus de 4, on est une bande de cons, l’idéal c’est moins de un »
Et Coluche avec des citations qui, 40 ans après sa disparition, restent totalement d’actualité. Exemples :
« Homme politique, c’est une profession où il est plus utile d’avoir des relations que des remords. »
« La chambre des députés, la moitié sont bons à rien. Les autres sont prêts à tout. »
« La France, comme elle est, c'est pas plus mal que si c'était pire»
En fait il me faudrait des heures et des heures pour vous en dire davantage et parler aussi d’autres humoristes qui ont marqué ma vie, comme Charlie Chaplin, Pierre Repp, Frédéric Dard, Fernand Raynaud, Jean Yanne et j’en oublie certainement.
Je ne peux, toutefois, éviter de parler de mon maître contrepéteur, l’admirable Joël Martin, la comtesse de l’album du Canard Enchaîné qui a créé des milliers de contrepèteries et avec lequel nous échangeons nos ouvrages. Il a même eu la gentillesse de préfacer un des miens et de m’envoyer un petit mot, pour un autre bouquin où j’évoquais de nombreuses contrepèteries avec mon prénom, pour en ajouter une autre :
Patrick sort du lot !
Émission du 31 Décembre : la dernière de l'année!
Je terminerai donc avec une drôle d'histoire et à l'année prochaine si vous le voulez bien!
Petit conte pour Noël : La mouche et l’enrhumé...
Voici une mouche, et pas n’importe laquelle,
une fine mouche... qui fuit la bise cruelle
s’est faufilée aux premiers froids
dans la maison, sans escarmouche,
pour éviter de crever de froid...
ou bien en quête d’une couche ?
Moi qui avais le nez bouché d'un gros rhume,
à sa vue, pourtant, je n'ai pas pris la mouche.
Alors qu’il est courant, quand l’hiver nous enrhume,
que ce soit par les narines qu’on se mouche !
Cet insecte vient perturber mon dimanche !
Moi qui suis très loin de me moucher de la manche,
je menais bien le combat, dix manches à zéro !
Pour la déloger, tel un fier Caballero...
J’agitais mes mouchoirs, lui faisant le reproche
de plus d’arrogance qu’une mouche du coche.
J’en avais vu d'autres, de ces mouches... choir,
mais celle-ci savait souvent changer de perchoir.
Bientôt nos duels baissèrent d’intensité,
pour finir en duels à fleurets mouchetés.
Elle évita de se poser au fond des plats,
et je lui cédai le plafond pour habitat.
Je l'observe encore quand elle nettoie ses pattes :
c'est tellement bien fait, voilà qu'elle m'épate.
Je la surprends, elle compte ses deux ailes...
et je me surprends, moi, à compter sur elle ;
l'amenant parfois à la pêche à la mouche,
loin des pièges des amanites tue-mouches.
Les voisins s'étonnent : « Quelle mouche l’a piqué ?
Avec ce diptère, que peut-il bien pratiquer ?...
Ses écrits deviennent des pattes de mouche ! »
Mais ma compagne ailée, d’une moue farouche,
leur lance des « Tsé-tsé... » plein de mépris souverain.
Pour lui changer l’air, je prends un autre chemin :
elle adore, en plein vent, si rien ne l'effarouche,
aller faire un grand tour... sur le bateau-mouche !
Morale ?
Mieux vaut un petit hôte qui tient en éveil,
Et partager son toit, avec une mouche...
qu’un ennui pesant qui nous prive de sommeil.
On gagne toujours à ne plus prendre la mouche !
Ce texte est extrait du Bestiaire Loufoque, transmis par l’ami Guy Mothe, le jongleur de mots toulousain.
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